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Initialement publié en avril 2001, jeboycottedanone.com relayait l'appel au boycott des produits Danone lancé par l'intersyndicale pour s'opposer aux licenciements spéculatifs de la multinationale. Danone refusant de débattre sur le fond, attaqua le Réseau Voltaire, éditeur du site, pour infraction au droit des marques. A l'issue de deux ans de procédure, le 30 avril 2003, la Cour d'appel de Paris a finalement débouté le Groupe Danone, plaçant ainsi la liberté d'expression au dessus du droit des marques.
>> Affaire Danone contre Réseau Voltaire           >> Arrêt de la Cour d'appel de Paris, Danone contre Réseau Voltaire, 30 avril 2003

 


 
 
 
 
 
 
 
 
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Le yaourt final


Boycotter Danone est une réponse aux excès du libéralisme. Profitons en pour ne pas oublier les autres, nous rappelle Alexandre Lazerges, qui s'est penché sur le cas Nestlé.


Alors, le boycott Danone, ça vous fait quoi? _ " Nous n'avons pas pour habitude de faire des commentaires sur nos concurrents ! " Réponses d'Eric Boullet du service communication de Nestlé France. C'est tout ? _ " Oui c'est tout ! ". Mais pourtant, si le boycott fonctionne, vous allez augmenter vos ventes? _ " Je ne ferai aucun commentaire.... ". Et ce fut tout, malgré dix minutes d'entretien.

La concierge
Certes, nous en avons profité pour parler un peu de Nestlé, du Crunch, du lait concentré sucré, du Nescafé, des glaces Haagen-Dasz et même du Frieskies dont le pitt-bull de la concierge rafolle. Après tout, la France est le deuxième marché pour le groupe suisse, qui est lui même comme le deuxième producteur de produits laitiers dans l'hexagone (juste derrière Danone) gâce à la marque Chambourcy.

Extrèmement dure
Evidemment, les plus jeunes auront oublié Chambourcy ("Oh oui!"), puisqu'au milieu des années 1990, les grands suisses ont fait disparaître le nom de l'entreprise française pour mieux asseoir sa marque. Etrange stratégie, car son image sociale, elle, est déplorable. Avec 26 usines en France et 11 480 salariés, Nestlé passe pour une société extrêmement dure. Plus corriace même que l'américain Coca...

25,4 milliards
Preuve d'une certaine différence, le marchand de soda a déja débloqué des fonds pour financer la formation des syndicalistes de ses filliales européennes. " Nestlé, lui, ne fait que ce qui est explicitement indiqué dans la législation, et rien de plus ", précise Bruno Vannoni qui suit de très près le dossier pour la CFDT. Malgré leur 25,4 milliards de CA et 966 Millions de Francs de bénefice net en 2000, le groupe fait preuve d'une gestion interne qui rappelle celle des banquiers protestants du 18è siècle.

Même aux Etats-Unis
" Ils reconnaissent les droits sociaux fondamentaux de l'UIT (Union Internationale des Travailleurs) uniquement là où la loi les y oblige, raconte encore Bruno Vannoni. Nestlé a ratifié ces droits fondamentaux pour les sites européens appartenant à l'Union européenne mais nulle part ailleurs. Même aux Etats-Unis, il est interdit aux membres de la centrale syndicale nationale de se rendre sur un site de production "

Mis sur le carreau
" A titre d'exemple, lors des licenciements à Carbon Blanc (près de Bordeaux) et Bricquebeck (dans la Manche), le plan social ne comportait pas de suivi sérieux des centaines d'employés mis sur le carreau ", précise le responsable CFDT. A l'inverse, Danone avait réussit à reclasser 95% des effectifs après la fermeture de l'usine de Seclin... Enfin, dernier aspect qui protège Nestlé de la vindicte médiatique, c'est que tout le monde s'en branle.

Chacun son tour
Et oui, Nestlé n'est pas un groupe français. " Lorsqu'on a envoyé des communiqués sur les occupations d'usines, personnes n'y a prêté attention, souligne Bruno Vannoni, alors que le moindre mouvement social chez Danone a toujours fait la une des journaux " - c'est peut être que nous sommes moins exigeants envers les marques étrangères. Ou alors qu'on se préoccupe surtout de ce qui se passe chez nous avant de nous attaquer aux autres. Chacun son tour, il y en aura pour tout le monde, la contestation est en marche.

Alexandre LAZERGES

Alexandre Lazerges est journaliste et adhérent de l'association " Boycott ! "

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