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Boycotter
Danone est une réponse aux excès du libéralisme.
Profitons en pour ne pas oublier les autres, nous rappelle Alexandre
Lazerges, qui s'est penché sur le cas Nestlé.
Alors, le boycott Danone, ça vous fait quoi? _ "
Nous n'avons pas pour habitude de faire des commentaires sur nos
concurrents ! " Réponses d'Eric Boullet du service communication
de Nestlé France. C'est tout ? _ " Oui c'est tout !
". Mais pourtant, si le boycott fonctionne, vous allez augmenter
vos ventes? _ " Je ne ferai aucun commentaire.... ". Et
ce fut tout, malgré dix minutes d'entretien.
La concierge
Certes, nous en avons profité pour parler un peu de Nestlé,
du Crunch, du lait concentré sucré, du Nescafé,
des glaces Haagen-Dasz et même du Frieskies dont le pitt-bull
de la concierge rafolle. Après tout, la France est le deuxième
marché pour le groupe suisse, qui est lui même comme
le deuxième producteur de produits laitiers dans l'hexagone
(juste derrière Danone) gâce à la marque Chambourcy.
Extrèmement
dure
Evidemment, les plus jeunes auront oublié Chambourcy ("Oh
oui!"), puisqu'au milieu des années 1990, les grands
suisses ont fait disparaître le nom de l'entreprise française
pour mieux asseoir sa marque. Etrange stratégie, car son
image sociale, elle, est déplorable. Avec 26 usines en France
et 11 480 salariés, Nestlé passe pour une société
extrêmement dure. Plus corriace même que l'américain
Coca...
25,4 milliards
Preuve d'une certaine différence, le marchand de soda a déja
débloqué des fonds pour financer la formation des
syndicalistes de ses filliales européennes. " Nestlé,
lui, ne fait que ce qui est explicitement indiqué dans la
législation, et rien de plus ", précise Bruno
Vannoni qui suit de très près le dossier pour la CFDT.
Malgré leur 25,4 milliards de CA et 966 Millions de Francs
de bénefice net en 2000, le groupe fait preuve d'une gestion
interne qui rappelle celle des banquiers protestants du 18è
siècle.
Même aux Etats-Unis
" Ils reconnaissent les droits sociaux fondamentaux de l'UIT
(Union Internationale des Travailleurs) uniquement là où
la loi les y oblige, raconte encore Bruno Vannoni. Nestlé
a ratifié ces droits fondamentaux pour les sites européens
appartenant à l'Union européenne mais nulle part ailleurs.
Même aux Etats-Unis, il est interdit aux membres de la centrale
syndicale nationale de se rendre sur un site de production "
Mis sur le carreau
" A titre d'exemple, lors des licenciements à Carbon
Blanc (près de Bordeaux) et Bricquebeck (dans la Manche),
le plan social ne comportait pas de suivi sérieux des centaines
d'employés mis sur le carreau ", précise le responsable
CFDT. A l'inverse, Danone avait réussit à reclasser
95% des effectifs après la fermeture de l'usine de Seclin...
Enfin, dernier aspect qui protège Nestlé de la vindicte
médiatique, c'est que tout le monde s'en branle.
Chacun son tour
Et oui, Nestlé n'est pas un groupe français. "
Lorsqu'on a envoyé des communiqués sur les occupations
d'usines, personnes n'y a prêté attention, souligne
Bruno Vannoni, alors que le moindre mouvement social chez Danone
a toujours fait la une des journaux " - c'est peut être
que nous sommes moins exigeants envers les marques étrangères.
Ou alors qu'on se préoccupe surtout de ce qui se passe chez
nous avant de nous attaquer aux autres. Chacun son tour, il y en
aura pour tout le monde, la contestation est en marche.
Alexandre LAZERGES
Alexandre Lazerges
est journaliste et adhérent de l'association " Boycott
! "
Lire aussi "
Consommer après fermeture"
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